Que reste-t-il des Cévennes ? Sophie Bertrand

Que reste-t-il des Cévennes ?


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Projet en cours - Part. I

QUE RESTE-T-IL DES CÉVENNES ? se présente comme l’état des lieux d’une région. À travers mes origines cévenoles, cet essai photographique navigue entre réel et souvenirs, en mettant en exergue la relation complexe de la mémoire collective et individuelle. En suivant un itinéraire qui rappelle le pèlerinage, je me questionne sur le lien qu’entretiennent l’Histoire d’hier et celle d’aujourd’hui.

Situées dans le sud de la France, Les Cévennes sont une chaine de montagnes, miroir d’importants pans de l’Histoire : les camisards s’y sont affrontés, les maquisards s’y sont cachés tandis que les routes de transhumances* les ont façonnées. Après une période prospère de la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 90, la révolution industrielle qui fournissait des métiers en masse prend fin. Témoins des activités passées, ces paysages vallonnés cachent désormais d’anciennes exploitations minières (charbon, plomb, zinc) qui ont laissé quelques traces toxiques dans les sols et rivières.

Pendant plusieurs décennies, la région est désertée par une jeunesse sans emploi. Sur les Causses, l’agropastoralisme parvient à traverser cette période et se pratique encore aujourd’hui. Berceau du protestantisme, temples et églises cohabitent depuis la guerre sanglante qui opposa les deux religions tandis que les châteaux parsemés sur les collines témoignent des différentes influences architecturales. Les maquis taisent les secrets des affrontements qui s’y sont déroulés entre résistants et Allemands durant la Seconde Guerre mondiale, et les terres arides des hauts plateaux restent les témoins des passages des Celtes grâce à la présence de dolmens ou menhirs, dispersés ici ou là. Alors qu’une nouvelle génération s’y installe progressivement, malgré la rudesse du climat, l’histoire de ce territoire se poursuit avec ces nouveaux habitants et laisse place à une nouvelle identité.

Loin de vouloir dresser un portrait exhaustif de cette région, cette exploration visuelle s’inspire de l’album photo, véritable objet de repère dans le temps, qui représente un moyen d’entretenir le souvenir tout en notant les changements de ce territoire encore un peu protégé. Pour mieux comprendre la richesse de ces paysages où mes grands-parents ont été acteurs de l’histoire, j’arpente différents lieux, familiers ou témoins, en tentant de conserver ce pont entre le passé et le présent.

* Depuis 2011, Les Causses et les Cévennes sont répertoriés au patrimoine mondial de l’UNESCO pour leur paysage culturel de l’agropastoralisme.


Ce travail est un projet au long cours qui se découpera en plusieurs volets.



Réalisé avec le soutien de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) du Québec, dans le cadre de son Programme d'aide aux artistes en arts visuels 2015-2016.





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